Titre La danse hip-hop, une réponse artistique à une domination sociale. Etude de la socialisation des danseurs, de l'espace artistique et du contenu formel et idéologique de la danse hip-hop. Discipline Sociologie
Auteur Isabelle Kauffmann Directeur Charles SUAUD
Statut En cours Labo CENS


Résumé  |  Mots Clefs  |  Bibliographie

Résumé de la thèse :

La danse hip-hop se caractérise par une structure de défi, où deux types de danse se mettent en scène, l'une debout, inspirée en partie des claquettes (contractions, isolations, ondulations, etc.) et l'autre au sol, au croisement de la danse africaine, de la gymnastique acrobatique, des arts martiaux, dans une perpétuelle recherche d'appuis, en équilibre, en rotation, etc. Elle arrive en France au début des années 1980, et prend racines dans les quartiers urbains où se concentre l'habitat social, qui abrite des populations pauvres et immigrées. La "breakdance" se développe dans des défis, ou championnats, organisés par les danseurs, de manière souterraine. A partir de 1993, les institutions s'intéressent à cette nouvelle forme choréique. S'amorce un passage d'un statut de danse "populaire" à celui de danse "savante", non par la sophistication des techniques mais par une institutionnalisation partielle et un élargissement de la diffusion dans les théâtres et vers un public plus bourgeois. Pour comprendre aujourd'hui l'état du champ de la danse hip-hop, il faut prendre en compte les différentes formes de pratique et observer leurs relations. Je souhaite donc réaliser une monographie dont l'objet engloberait la socialisation des danseurs hip-hop, les différents états de cette pratique et leur contexte de production ainsi que le contenu de cette danse, ce qu'elle nous raconte. Comment devient-on danseur hip-hop, pourquoi apprend-on à breaker ? Pourquoi certains continuent-ils à danser dans la rue alors que d'autres ont franchi les portes des théâtres ? Quelles relations cette jeunesse revendicatrice noue-t-elle avec la société majoritaire, et en particulier, le champ culturel et artistique officiel. Ce mouvement d'autodidacte s'institutionnalise et nous donne l'occasion d'observer un sous-champ artistique en train de se constituer. J'adopte deux types de démarches complémentaires. L'approche ethnologique vise à comprendre le terrain de production de cet art, les danseurs et la gestuelle hip-hop. Pour ce faire je suis des cours de danse hip-hop, observe régulièrement différentes compagnies ou formations de danseurs sur le long terme et photographie les différents moments de cette danse (socialisation, initiation, transmission, entraînement, répétition, représentation publique). D'un point de vue sociologique, je tente de cerner le rôle des agents extérieurs au mouvement (programmateurs, institutions, journalistes, etc.), sur les pratiques et productions choréiques hip-hop. Je procède principalement par entretiens et analyse des exégèses spécialisées ou non, qui se développent depuis le milieu des années 1990. Les observations sont plus rares mais cependant possibles.

Mots-Clefs :
Hip-hop, danse, démocratie culturelle, domination, espace artistique, habitus, socialisation.


Bibliographie