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1987-88 : La naissance d'Echanges et Solidarité 44
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Joseph Chevalier est un agriculteur retraité de Casson. Ancien syndicaliste agricole(1) , il a décidé de vivre une retraite active et utile. En janvier 1987, à 65 ans, il découvre les paysans du Nicaragua, leurs difficultés et leur volonté de prendre en charge leur propre développement. Il décide de vivre avec eux et devient un coopérant peu ordinaire: un coopérant qui sait manier une charrue, conduire des boeufs, trouver une source et vivre la vie des paysans nicaraguayens. En 1989, dans une lettre à Paul Cadorel, un vieil ami qu'il a connu à la JAC au cours des années 1940, il explique que les vieux outils agricoles à traction animale, remisés au fond des hangars depuis l'arrivée des tracteurs, " rendraient d'immenses services aux paysans de là-bas qui en sont toujours à l'araire. " Il faut être un peu fou pour proposer une telle chose... et tout autant pour la prendre au sérieux. Quel économiste aurait osé proposer d'établir de tels échanges, touchant à l'industrie métallurgique, entre la Loire-Atlantique et un Nicaragua en pleine révolution et, bien sûr, insolvable ? Mais l'histoire est faite de culture et de volonté humaine autant que d'économie. Et l'idée folle a pris corps... Depuis 1990, un container rempli de matériels remis en état part chaque année du port de Nantes - Saint-Nazaire pour le Nicaragua. Il s'agit de matériel agricole, mais aussi des machines à coudre, du matériel scolaire, médical... L'association Echanges et Solidarité 44, née autour de cette idée, organise cette solidarité internationale. Le produit de la fête annuelle de la Solidarité qu'elle organise au mois d'août à Treffieux est destiné de plus en plus au financement des projets de développement durable proposés généralement par une organisation nicaraguayenne, le PCAC. Depuis bientôt une dizaine d'années, ES 44 est considérée officiellement comme une ONG par les pouvoirs publics du Nicaragua. Elle participe au développement rural de ce pays d'Amérique centrale, avec une permanente sur place. L'association compte aujourd'hui 3 900 adhérents. (1) On peut lire
sa notice biographique dans René Bourrigaud, Paysans de Loire-Atlantique,
15 itinéraires à travers le siècle, Nantes, Centre d'Histoire
du Travail, 2001.
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